Le Japon ne doit pas se suicider par sa politique énergétique — La sécurité et l’économie doivent être au cœur du septième Plan énergétique de base

2024-01-18

Ce qui suit est tiré d’un article de Taishi Sugiyama, directeur de recherche au Canon Institute for Global Studies.
Il a été publié dans le Sankei Shimbun d’aujourd’hui sous le titre « Ne laissez pas le Japon se suicider avec son Plan énergétique de base ».
C’est une lecture incontournable non seulement pour le peuple japonais, mais aussi pour les peuples du monde entier.
Les passages mis en évidence dans le texte, à l’exception des intertitres, le sont par moi.

La situation géopolitique qui entoure le Japon est grave.
Dans le septième Plan énergétique de base, nous n’avons d’autre choix que de mettre l’accent sur la sécurité et l’économie.
L’économie est importante également parce qu’elle constitue le fondement de la sécurité nationale.

Le grand exode des industries japonaises et européennes

Dans le cadre de l’Accord de Paris fondé sur la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, chaque pays doit soumettre, d’ici février 2025, un objectif chiffré de réduction des émissions de CO₂ pour 2035.
Le gouvernement japonais va entreprendre la révision du septième Plan énergétique de base et semble avoir l’intention de soumettre un objectif de réduction des émissions de CO₂ qui soit compatible avec ce plan.
Mais cela est extrêmement dangereux.
Car le niveau des exigences dans les négociations internationales a considérablement augmenté.
Lors de la COP28, qui s’est tenue à la fin de l’année dernière, un objectif mondial de réduction de 60 % des émissions d’ici 2035, par rapport à leur niveau de 2019, a été avancé.
S’aligner sur cet objectif équivaudrait à prononcer une condamnation à mort contre l’industrie.
Les industries fuient déjà l’Union européenne et le Japon, où la réglementation relative au CO₂ est renforcée de manière inconsidérée.
L’industrie chimique allemande réduit sa production nationale, tandis que BASF, le plus grand groupe du secteur, investit dix milliards d’euros pour construire une usine en Chine.
L’industrie sidérurgique japonaise ferme elle aussi des usines au Japon, tout en construisant des hauts-fourneaux en Inde et en acquérant une entreprise sidérurgique américaine.
Même si le gouvernement verse des subventions à certaines entreprises afin de les attirer, les fonds nécessaires finiront par retomber sur les autres entreprises sous la forme de coûts supplémentaires.
Il est impossible d’empêcher d’innombrables entreprises de participer à ce grand exode.
Il y va de la survie même de la nation.

La fin de la décarbonation mondiale

Ces dernières années, des gouvernements promouvant des politiques de gauche se sont succédé dans l’Union européenne et aux États-Unis.
Mais la colère des citoyens a désormais explosé face à l’acceptation incontrôlée de l’immigration.
Puis, à mesure que le poids imposé aux citoyens par les politiques de décarbonation — notamment l’obligation d’utiliser des véhicules électriques et l’introduction des énergies renouvelables — est devenu évident, des voix de ressentiment se sont élevées.
Si un président républicain est élu aux États-Unis à la fin de cette année, qu’il s’agisse de M. Trump ou de quelqu’un d’autre, les États-Unis se retireront de l’Accord de Paris et aboliront le Green Deal, c’est-à-dire la politique de décarbonation.
Dans l’Union européenne, la droite remporte désormais les élections nationales les unes après les autres et devrait également progresser fortement lors des élections au Parlement européen de juin prochain.
Quant aux pays du Sud global, ils ont rejeté d’emblée, lors de la COP organisée à la fin de l’année dernière, la demande du G7 en faveur de la « décarbonation d’ici 2050 ».
L’Accord de Paris se trouve dans une impasse totale et seuls les pays développés s’obstinent à poursuivre des objectifs autodestructeurs.
Alors que l’administration Biden aux États-Unis et le gouvernement de coalition allemand, auquel participe le parti des Verts, souffrent tous deux d’une faible popularité, leur environnementalisme devient de plus en plus radical dans les négociations internationales afin de satisfaire leur base électorale de gauche.
Ils affichent des objectifs « ambitieux » en matière de CO₂ et demandent au Japon de s’y conformer.
Mais si les républicains remportent l’élection présidentielle, les États-Unis opéreront un virage à cent quatre-vingts degrés et régneront en tant que grande puissance des combustibles fossiles.
Si elle poursuit dans cette voie, l’Union européenne finira par se suicider avec sa politique de zéro émission nette, c’est-à-dire de décarbonation.
Mais le virage politique vers la droite devrait progresser dès cette année et la politique de zéro émission nette finira probablement par être abandonnée.
Qu’il s’agisse du Sud global, des États-Unis, de l’Europe ou de n’importe quel autre pays, la décarbonation est impossible et une révision de cette politique est inévitable.
Qu’en est-il alors du Japon ?
La législation relative à la décarbonation, dont le coût serait de 150 000 milliards de yens sur dix ans, progresse régulièrement.
L’administration, emportée par sa propre inertie, ressemble à un gigantesque navire incapable de changer de cap même lorsqu’un iceberg apparaît devant lui.
Si les choses continuent ainsi, un objectif inconsidéré de réduction des émissions de CO₂ sera soumis conformément à l’Accord de Paris, puis réparti entre les différents secteurs dans le septième Plan énergétique de base.
Que se passera-t-il alors ?
Les coûts de l’électricité et du chauffage monteront en flèche, la désindustrialisation s’accélérera et l’économie japonaise sombrera.
Un Japon affaibli ne pourra plus résister à l’influence de la Chine, deviendra son État vassal et pourrait voir les libertés d’expression et politique restreintes.
Ce serait, de fait, la mort du Japon.

Ce que doit être le septième Plan énergétique de base

Que faut-il inscrire dans le septième Plan énergétique de base pour éviter un suicide énergétique ?
Il faut tout d’abord réduire les coûts de l’électricité et du chauffage.
L’augmentation des coûts porte atteinte à la puissance nationale et compromet la sécurité.
Au lieu de recourir à des subventions provisoires pour les dépenses d’électricité et de chauffage, il faut parvenir à une réduction fondamentale des coûts au moyen des trois mesures suivantes.
La première consiste à utiliser au maximum l’énergie nucléaire.
Il faut mettre fin à l’exigence irrationnelle d’un risque zéro.
Ce sont précisément les risques que fait peser la non-utilisation de l’énergie nucléaire sur la sécurité et l’économie qui sont considérables.
Car les combustibles fossiles dépendent des importations, tandis que les énergies renouvelables sont instables et coûteuses.
La deuxième mesure consiste à garantir un approvisionnement stable en combustibles fossiles.
Les combustibles fossiles constituent encore aujourd’hui le pilier de l’approvisionnement énergétique du Japon.
Dans l’actuel sixième Plan énergétique de base, les volumes d’approvisionnement ont été artificiellement fixés à un niveau trop faible afin de les faire correspondre de force aux objectifs de réduction des émissions de CO₂, ce qui a entravé l’approvisionnement stable en combustibles.
Il faut éviter de répéter cette absurdité.
La troisième mesure concerne le développement de technologies destinées à remplacer les combustibles fossiles.
Pour les énergies renouvelables, les combustibles synthétiques et les autres solutions de remplacement, il faut éviter une expansion précipitée de leur introduction et concentrer les efforts sur le développement de technologies permettant de réduire les coûts.
Lorsqu’il devient évident qu’une technologie ne présente aucune perspective de réduction des coûts, son développement doit être interrompu et les travaux doivent revenir au stade de la recherche fondamentale.
Enfin, le Plan énergétique de base ne doit pas répartir les émissions de CO₂ entre les différents secteurs.
Une répartition fondée sur des objectifs inconsidérés équivaudrait à une condamnation à mort pour l’industrie et provoquerait un grand exode.
En ce qui concerne l’Accord de Paris, même s’il est peut-être inévitable de soumettre un objectif de réduction des émissions de CO₂ exprimant l’intention du gouvernement, il faudrait ensuite se limiter à une simple énumération de mesures afin de rendre cet objectif inoffensif.
Mais ce ne serait qu’une mauvaise stratégie.
La meilleure stratégie serait de se retirer, avec les États-Unis, de cet accord autodestructeur.

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